Des coups de cartes sur un écran d'ordinateur et au bout : 50.000 dollars, soit environ 36.000 euros. Certes, ce n'est pas grand-chose comparé aux sommes mises en jeu lors des principaux championnats de Poker qui se déroulent un peu partout dans le monde. Mais, pour les deux pros du bluff que sont Ali Eslami et Phil Laak, l'idée d'affronter Polaris, un ordinateur bourré d'intelligence artificielle programmé par l'Université d'Alberta (Canada), est « intéressante ». Le match entre les deux Californiens et Polaris est une première. Et il se tient depuis lundi à Vancouver (Côte ouest du Canada) pendant un colloque international sur l'intelligence artificielle.

Connaître l'adversaire en 35 coups

Avec le match Deep Blue contre Garry Kasparov, on savait les machines capables de neutraliser l'homme au jeu d'échecs. Et avec Polaris, les scientifiques montent d'un cran dans la difficulté et essaient de simuler les émotions humaines : le poker est essentiellement un jeu psychologique. En 35 coups, la machine Polaris peut se faire une opinion sur son adversaire. Et, dès la première partie, l'ordinateur a montré toutes ses capacités et a remporté une mise de 70 dollars (50 euros).

Le bluff est modélisable

Mais pour Michel Abécassis de Wam-poker, « bluff ne veut pas dire hasard ou chance ». Et d'expliquer pourquoi selon lui un ordinateur est capable de bien jouer et même de battre l'être humain : « Les gens disent que le bluff est psychologique. Mais il n'y a pas que cela. Derrière le bluff, il y a une part de rationnel. Des séquences de jeu que l'on peut analyser. Des schémas de jeu qui peuvent être reproduits. Au bout de quelques coups, un joueur peut dire comment l'adversaire se comporte. » La stratégie du joueur est basée sur de la technique et un comportement.

La créativité reste humaine

Un ensemble de comportements que l'intelligence artificielle est capable de modéliser. Et de contrecarrer, puissance de calcul aidant. Polaris et les logiciels qui viendront après, sont pour le champion français « un bon moyen pour s'entraîner, de perfectionner son jeu ». Reste que la capacité de « créativité » sera toujours le pion d'avance qu'aura en main l'être de chair et de sang. A moins que l'intelligence artificielle n'arrive à « créer ». Ce n'est pas le cas de Polaris. Pour le moment. Phil Laak et Ali Eslami peuvent toujours espérer empocher les 50.000 dollars.

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