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La soirée du réveillon dans les casinos français, l'une des plus rentables de l'année, risque d'être perturbée dimanche par une grève des personnels, «smicards des tapis verts», pour le retrait d'un projet d'arrêté ministériel jugé néfaste à l'emploi et pour des hausses de salaires.
«La mobilisation a commencé plus tôt que prévu et est supérieure à nos attentes», a déclaré à l'AFP David Rousset, délégué FO, l'un des syndicats à l'origine du mouvement avec la CFDT, la CGT et la CFE-CGC. «Les patrons de casinos et le ministère de l'Intérieur ont choisi l'épreuve de force» avec les 17.000 salariés, a-t-il affirmé.
Ainsi, le «Pasino» d'Aix-en-Provence (groupe Partouche), le plus important casino des Bouches-du-Rhône, est resté fermé dimanche matin en raison de la grève, selon les syndicats.
S'ils estiment que la majorité des casinos vont ouvrir, car il suffit techniquement de trois personnes pour le faire, les syndicalistes font état de perturbations dans les établissements de Berck, Deauville, Trouville, Aix-les-Bains, Evian, Pornichet, Cannes ou encore Royat.
Samedi, certains patrons ont consenti in extremis des hausses de salaires ou des primes, comme à Saint-Malo ou à Perros-Guirec, selon le délégué FO. A Lyon, au Pharaon (groupe Partouche), l'un des dix plus gros casinos de France, la direction a accordé 2% d'augmentation et 800 euros de prime, a affirmé M. Rousset.
Depuis l'annonce du conflit national, le 21 décembre, au lendemain de l'échec de négociations salariales, syndicats et patronat se livrent à un poker menteur sur l'importance de la mobilisation.
Côté patronal, le groupe Partouche a dénoncé cette semaine une action «politique émanant de syndicalistes parisiens et visant avant tout à nuire à Nicolas Sarkozy». Le groupe Barrière, pour sa part, dit ne s'attendre à «aucune perturbation» pour l'«une des plus grosses soirées de l'année».
Première revendication: des hausses de salaires. «Dans les casinos français, il y a une majorité de smicards, qui travaillent dans la fumée et le bruit pendant les nuits, les jours fériés, les week-end», souligne Enrique Cuevas (CFDT). «Or les casinos n'ont jamais gagné autant d'argent», s'insurge M. Rousset.
Mais la principale inquiétude repose sur la généralisation de l'électronique dans les établissements de jeu, avec la parution annoncée d'un arrêté du ministère de l'Intérieur, autorité de tutelle du secteur, sur «la réforme de la réglementation des casinos», au nombre de 193 en France.
L'arrêté, qui complétera le décret du 13 décembre fixant la liste des jeux de hasard «autorisés dans les casinos», légalisera les «formes électroniques» des jeux de table traditionnels, comme le black-jack ou la roulette.
Ces dispositions sont qualifiées de «plan social déguisé» par les syndicats, avec la disparition prévisible, selon eux, de 3.500 emplois.
«A la roulette électronique, la table a la même dimension, la bille tourne autour avec l'activation de la carte de crédit, le paiement est crédité directement sur la carte de crédit: plus besoin de personnel», explique M. Rousset.
«Un autre danger des jeux électroniques est la possibilité d'obliger les salariés à effectuer plusieurs postes de travail pour le même salaire (technicien des machines à sous, bar, caisse, etc...)», ajoute M. Cuevas.
Le ministère de l'Intérieur a proposé aux syndicats une rencontre sur ce sujet le 4 janvier. Les représentants des salariés préfèrent le 12 janvier.










